Événementiel

Coworking : rentabiliser vos salles avec la location pour événements

Thomas LeblancFounder & CEO

8 min de lecture

Créneaux, grille, calendrier unique : louer les salles d'un coworking pour des événements sans doubler une réservation.

Illustration architecturale peinte pour « Coworking : rentabiliser vos salles avec la location pour événements »

Bien souvent, la clause de destination du bail parle de coworking et de services aux entreprises, sans rien dire des afterworks du samedi.

C'est pourtant cette phrase, souvent oubliée entre deux avenants, qui décide si vous pouvez vendre une salle à un non-membre. La location de salle en coworking pour un événement n'ouvre pas une autre activité. Elle ajoute un deuxième public sur les mêmes mètres carrés : formation, séminaire d'équipe, lancement court, soirée. Le poste plafonne une fois l'étage plein. La salle ne rapporte que si le créneau est vendu. Encore faut-il que le bail, le calendrier et l'accueil tiennent le coup.

Ce que le bail autorise, avant la grille tarifaire

La fiche Sous-location du bail commercial d'Entreprendre.Service-Public est nette. La sous-location est en principe interdite, sauf clause ou accord du bailleur, plus information formelle de l'acte. Beaucoup d'espaces flexibles sont plutôt en mise à disposition avec prestations : accueil, wifi, chauffage, accès aux salles. Ce régime doit figurer dans la destination du bail. Relisez la clause, puis le règlement d'immeuble, avant de publier une page Privatisation : cela évite de découvrir le problème après coup. Si la destination ne couvre que le coworking diurne, un afterwork n'est pas un détail commercial, c'est un usage que le bailleur n'a pas encore autorisé et que l'assureur n'a pas encore vu.

L'accueil du public a aussi un cadre. La fiche sur l'autorisation d'ouverture d'un ERP vise un cas précis : après des travaux de construction ou de réhabilitation, ou une fermeture de plus de dix mois, l'exploitant demande une autorisation avant de recevoir le public, avec contrôle d'accessibilité et de sécurité incendie. Un afterwork du samedi ne relève pas de cette procédure : il doit simplement rester dans le cadre de ce qui est déjà autorisé.

Le marché, lui, pousse dans l'autre sens. L'enquête 2024 Global Partner Survey de Instant Group, reprise dans sa note sur cinq évolutions du flex, indique que 91 % des opérateurs anticipent une hausse de la demande de salles de réunion et 73 % pour les espaces d'événements, contre 64 % pour les postes. Ils attendent donc la hausse du côté des salles déjà chauffées. Encore faut-il avoir le droit de les vendre.

Ce qu'un organisateur achète vraiment

Le membre réserve deux heures et garde la table. L'organisateur achète la journée, la soirée à partir de 18 h 30, ou le samedi. Personne n'ouvre à 18 h 30 ? On n'imprime pas cette heure.

Le mobilier est la deuxième vente. La formation demande qu'on casse la table de comité. L'afterwork compte des gens debout, pas des dossiers. Notez les deux capacités, en comptant les chaises dans la pièce : le chiffre de l'architecte est souvent faux.

La visio et le déjeuner ferment la liste : écran qui s'allume du premier coup, wifi invité hors réseau membres, café qui n'est pas celui de la cuisine. Un coworking a rarement une cuisine de production. Un accord écrit avec le traiteur ou le restaurant d'à côté, tarif par personne, délai de commande, évite d'avoir à répondre « on ne fait pas à manger », une phrase qui fait perdre la journée.

Ce qui doit être écrit avant la première privatisation

  • Une personne présente, ou un accès autonome qui marche, pour chaque heure vendue, y compris la fermeture.
  • Des capacités par configuration, comptées dans la salle.
  • Un wifi invité séparé, testé le matin même.
  • Un traiteur ou un voisin, tarif par personne, date limite de commande.
  • Des conditions courtes : acompte, annulation, dépassement, casse, ménage tardif.

On commence par une ou deux salles, format journée. Les soirées, plus tard, quand l'accueil a tenu sans file au comptoir.

Une grille qui paie l'ouverture, pas une copie d'hôtel

La même feuille porte quatre modes. Petite salle : à l'heure, souvent avec un plancher de deux heures. Formation : demi-journée ou journée. Déjeuner compris : forfait par personne. Soir et week-end : privatisation plate, parfois avec un minimum de dépense.

On ne copie pas la page séminaire de l'hôtel du boulevard. On part de ce que coûte d'ouvrir : quelqu'un sur place, le ménage, le courant, l'astreinte. Puis de ce que les mêmes mètres rapportent déjà en postes. Une demi-journée externe doit passer au-dessus, plus la soirée que vous ne pourrez plus vendre à un membre. La méthode pour fixer le prix d'une salle de séminaire se transpose, pas les montants de l'hôtel.

Le soir et le samedi coûtent plus cher à tenir. La grille le montre. Un chiffre au crayon dans le tiroir produit deux prix pour le même vendredi. On date la grille, et on ne l'ajuste qu'après une dizaine de réservations.

Un exemple : une salle de huit places vendue 50 € de l'heure à un externe, minimum deux heures, n'a de sens que si ce montant couvre l'ouverture et reste au-dessus de ce que ces mètres rapportent au mois. Si ce n'est pas le cas, le créneau est trop bon marché. Ou trop cher à ouvrir.

Le revenu des postes suit les embauches des entreprises clientes. L'événementiel a son propre calendrier, rentrées et vendredis de séminaire surtout, et les deux courbes ne montent pas ensemble. Un mois calme en postes peut rester un mois de salles, si quelqu'un vend vraiment les créneaux. Le texte sur les mois creux de l'événementiel dit la même chose côté lieu.

Le membre d'abord, un seul calendrier ensuite

L'abonnement mensuel reste la base : l'organisateur ne fait que passer, le membre, lui, reste. Ce qui revient chaque semaine tient en une file : vingt personnes à l'accueil d'un coup, puis la pause qui déborde dans l'espace ouvert. Les badges qui ne marchent plus laissent des inconnus dans la zone membres.

On commence par le passage, pas par la procédure. Panneau depuis la rue jusqu'à la salle. La pause se prend ailleurs que dans la cuisine des membres. Badge visiteur qui meurt à minuit, ou code valable ce jour-là seulement. Si la salle vitrée laisse passer le bruit, pas d'afterwork en semaine avant 19 h. Un groupe qui change le bruit de l'étage : on prévient la veille.

Les deux publics ne partagent pas la même boîte. Les membres restent dans leur application. Dehors, ça arrive par le site, le téléphone, Google ou une plateforme : première réponse avec créneau et prix, puis option, confirmation, acompte. Une seule boîte lâche le fil dès le deuxième site. Traiter les demandes de location à part n'est pas réservé aux grands réseaux.

Le risque propre au coworking vient de deux outils qui montrent la même salle chacun de leur côté. Un membre prend mardi de 14 h à 16 h, un organisateur a une option sur la journée, personne ne croise les deux. Le jour J, l'un des deux attend dans le couloir. Il faut une seule source par salle : soit l'outil membres bloque aussi les options externes, avec une date de fin, soit le calendrier événementiel écrit tout seul dans l'outil membres. Le tableur à côté casse le fil. Les cas sont dans le guide pour éviter la double réservation.

Dès qu'il y a plusieurs sites, tout tient dans une ligne : quelle salle, quel site, jeudi, 25 personnes. Celui qui voulait le centre peut prendre l'autre rive si on le propose dans la même réponse. Joinways tient un calendrier événementiel partagé et évite le deuxième coup de fil au responsable de site. On écrit la durée de l'option, quelques jours, une semaine tout au plus, après quoi elle tombe. Sans date de fin, l'option occupe une salle que plus personne ne vend.

Un organisateur a souvent d'autres salles en parallèle. Celui qui envoie créneau et prix tient l'option. La brochure peut attendre.

Comment on vous trouve quand on ne tape pas coworking

Personne ne tape votre marque. On cherche salle de formation ou location salle réunion, plus un quartier. Une fiche Google qui ne parle que de postes laisse les salles hors résultats.

La fiche doit dire que la salle se loue hors adhésion. Photos en configuration événement. Capacités. Horaires alignés sur la grille, y compris la soirée que vous tenez vraiment. Le détail est dans le guide sur le SEO local des lieux événementiels.

Une plateforme de salles envoie du volume contre une commission : c'est utile pour démarrer, ou pour remplir un jeudi resté vide. À terme, la majorité des demandes doit arriver sur votre page. Quatre champs suffisent : date, effectif, format, horaire. Le texte sur le formulaire de demande porte ce dosage : assez pour chiffrer, assez court pour qu'on le finisse.

Celui qui compare trois espaces retient la première réponse complète, créneau plus prix. La vitesse tranche encore. Le déroulement pour répondre vite à une demande suppose que la personne qui ouvre le message voit le calendrier et la grille. Sans ça, la promesse de délai est un vœu.

Questions qui reviennent à l'accueil

Le bail autorise-t-il la location à des non-membres ?
La fiche Service-Public sur la sous-location le dit : sans clause ou accord du bailleur, c'est en principe interdit. Beaucoup de coworkings sont en mise à disposition avec services, ce qui doit figurer dans la destination du bail. Relisez la clause, puis parlez à l'assureur, avant de publier une page événements. Un avenant maintenant coûte moins cher qu'un courrier du bailleur en juin.
À partir de quel volume les membres râlent ?
Pas de seuil universel. Le signal est concret : les membres n'arrivent plus à réserver une salle pour eux, ou la pause d'un groupe déborde dans l'espace ouvert. Alors on bloque des créneaux membres, on dédie une salle, ou on arrête les soirées en semaine. Le plafond se voit au comptoir, pas dans un tableur de parts de chiffre.
Faut-il quelqu'un dont le seul métier est l'événement ?
Au début, non. L'accueil tient si la grille, le calendrier et deux modèles de réponse sont écrits. Le poste se discute quand les demandes croisent plusieurs sites, ou quand les samedis deviennent hebdomadaires. C'est le volume qui décide, pas un organigramme dessiné à l'avance.
L'organisateur veut le créneau d'un membre. On fait quoi ?
Le membre garde sa réservation. Ce revenu-là se répète. On propose tout de suite une autre salle, un autre horaire ou un autre site, avec le prix. Un échange n'a lieu que par écrit, avec une contrepartie. Jamais en silence. S'ils découvrent un inconnu dans leur salle, l'abonnement est déjà parti.

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