Technologie

Instagram et LinkedIn pour lieux événementiels : deux réseaux, deux stratégies pour générer des demandes

Thomas LeblancFounder & CEO

7 min de lecture

Instagram montre la salle occupée. LinkedIn parle à la fonction qui signe. Droit à l'image, délai d'un message privé, devis ensuite.

Illustration architecturale peinte pour « Instagram et LinkedIn pour lieux événementiels : deux réseaux, deux stratégies pour générer des demandes »

« idem LinkedIn » tient dans le champ légende du Reel programmé. Le visuel est une terrasse au service. Le texte LinkedIn, lui, décrit un séminaire RH de 40 personnes, l'accès PMR et le forfait journée. Les deux phrases ne tiennent pas dans le même champ.

Instagram montre le lieu occupé. LinkedIn parle à la fonction qui signe. Un lieu qui colle le même post sur les deux réseaux n'a pas un problème de créativité. Il a un problème de destinataire.

Bio, bouton Contacter, premier écran

Sur la page comptes professionnels, Instagram décrit un bouton Contacter que l'on peut ajouter en haut du profil, avec un itinéraire, un téléphone et une adresse e-mail. Quand la fonction est activée, quiconque appuie sur Contacter voit ces informations. Le compte professionnel ajoute aussi un libellé de catégorie, un écran d'outils, et des dossiers pour classer les messages.

Si Contacter ouvre encore info@salle.fr, une adresse que personne n'ouvre le dimanche, le Reel s'arrête là. Le champ site doit pointer vers le formulaire de demande. La bio tient en une ligne : ville, capacité assise, types d'événements. Pas de roman. Pas de huit destinations sur une page intermédiaire. Un seul lien. Le formulaire.

La page À propos des statistiques Instagram affiche les vues, les interactions, les nouveaux abonnés et les contenus publiés. Les interactions, ce sont les j'aime, commentaires, enregistrements et partages. On choisit une plage prédéfinie ou personnalisée, à l'intérieur des 90 derniers jours. Pas de ligne « demandes ». Pas de « visites confirmées ». S'en servir pour juger un format. Pas pour piloter le commercial.

Le taux d'engagement qu'on voit encore dans certains comptes-rendus mensuels n'est pas un indicateur de réservation publié par Meta. On le retire.

Montrer la salle occupée

Un organisateur qui arrive ici ne cherche pas un plan d'implantation. Il cherche à se voir dans la pièce. Une plénière vraiment assise, ou un cocktail déjà dressé, fait plus qu'un plan. Trente secondes d'un passage en cabaret aident. Un carrousel avant / après des mêmes quatre murs aussi, si le reset est le produit.

La photo héroïque de la salle vide a sa place sur la fiche technique. Dans le fil, elle raconte une location sans client. Ce n'est pas l'offre.

Parler à la fonction qui signe

La fonction qui signe a déjà vu des terrasses au coucher du soleil. Ce qu'elle veut, c'est l'heure de fin réelle de la plénière, le contenu de la privatisation hors taxe (TVA 20 %), et un nom qui décroche si le son lâche à 8 h 40. Responsable de site, communication, RH, producteur d'agence : les intitulés changent, les trois questions non.

Le ton change. Moins d'ambiance, plus de preuve. Un séminaire client dont on a le droit de parler. Une contrainte réelle (accès cars, couvre-feu, voisinage) et la façon dont elle a été tenue. Pas un slogan.

La page entreprise n'est pas un profil

L'aide LinkedIn sur les différences entre profil et Page pose la limite. Les Pages représentent des organisations. Les profils représentent des personnes. On ne représente pas le lieu avec un profil membre : LinkedIn peut déconnecter le compte, puis, si le geste se répète, le restreindre, ce qui laisse le commercial sans accès le jour où une société locale répond enfin à un commentaire posé trois semaines plus tôt. La Page se crée sans frais. C'est là qu'on lit la marque, les services, les offres d'emploi. La réponse qui débouche sur une visite est presque toujours signée par la personne qui fera le tour des salles.

Une Page d'entreprise peut vivre dix jours sur le seul bandeau. Le profil de la personne qui vend, non. Mieux vaut un commentaire daté sous l'annonce d'une société du coin qui embauche, qu'une plaquette recopiée. La première ligne se lit à voix haute. Si elle sonne comme un publipostage, c'en est un.

Autorisation d'image avant le Reel

Dans la fiche CNIL Le droit à l'image s'applique-t-il sur internet, le droit à l'image s'applique partout, y compris sur internet. On peut s'opposer à sa reproduction ou à son utilisation sans autorisation préalable. Avant de publier la photo d'un mineur, l'accord des parents est nécessaire.

Dans Demander le retrait de votre image en ligne, la CNIL distingue le droit à l'image (article 9 du Code civil, vie privée) et le RGPD. Si elle se rapporte à une personne identifiée ou identifiable, l'image est une donnée personnelle. Un accord écrit utile précise les supports, les objectifs et la durée.

Un contrat de location n'est pas une licence. Pas à lui seul. À prendre une fois, pendant que la salle est en service :

  • Un plan large du format vendu, visages illisibles si l'autorisation ne porte pas de noms.
  • Un détail qu'on demande vraiment : la porte sur cour, l'écran intégré, le break qui assied douze personnes.
  • Trente secondes d'un changement de jauge. Le geste dit l'exploitation. Un discours, non.
  • Une table au service. La vaisselle du jour, pas un plateau de canapés d'une autre année.

Un samedi bien documenté, avec les accords, nourrit une semaine. Une vacation par mois suffit à tenir le stock. On ne pose pas « trois posts par semaine » comme une loi de marché. Sur les lieux qui tiennent deux ou trois pièces, pas un quota, deux ou trois pièces Instagram et une note LinkedIn signée tiennent le fil, y compris en période creuse. Les rafales avant un salon, puis plus rien, n'enseignent rien de bon.

Ce qu'un post n'a pas le droit d'inventer

La fiche DGCCRF sur les pratiques commerciales trompeuses vise toute communication commerciale, y compris la publicité et le marketing. Est trompeuse la pratique qui contient des éléments faux, ou vrais mais présentés de façon à induire en erreur, ou qui omet une information substantielle, dès lors qu'elle pousse le consommateur à une décision commerciale qu'il n'aurait pas prise autrement. La liste couvre notamment l'existence ou la disponibilité du service, ses caractéristiques essentielles, le prix ou son mode de calcul.

« 200 places théâtre » est une caractéristique. « Date encore libre en octobre » est une disponibilité. « À partir de 80 € HT » est un prix : le TTC à TVA 20 % doit pouvoir se déduire sans piège. « La plus grande salle de la ville » est une allégation qu'il faut pouvoir tenir. Si l'avis de la commission de sécurité dit 160, c'est la légende qu'on corrige, pas l'algorithme. La légende. Pas le fil.

Répondre au privé comme à la demande web

Une demande arrivée par Instagram a le même délai qu'une demande web : sous une heure en heures ouvrées, vingt-quatre heures au plus. L'organisateur a déjà ouvert trois à cinq autres onglets. Sur les lieux tenus, on signe plutôt sur les dossiers qui ont une date, une jauge et un budget — un message lu le lundi suivant n'en est plus un. Un message lu le lundi suivant n'est qu'une demande lente. La miniature ne rattrape pas le délai.

C'est là que rassembler les événements change le quotidien. Instagram, LinkedIn et le formulaire du site doivent tomber au même endroit. Sur les lieux qui utilisent Joinways, ces messages arrivent avec les autres événements, et le samedi ne reste pas dans un téléphone perso. Ensuite on envoie un devis. Le Reel suivant peut attendre.

Un paramètre UTM sur le lien de bio et sur les posts LinkedIn. Un champ « Comment nous avez-vous connus ? » sur le formulaire. Beaucoup voient la terrasse sur Instagram et tapent le nom commercial dans Google trois semaines plus tard. Sans la question, le référencement récupère le dossier. Les réseaux n'ôtent rien au site, ni à un outil de gestion qui tient les dates. Deux portes de plus. Inutiles si les deux restent vides.

Questions fréquentes

À quelle fréquence publier sur Instagram et LinkedIn ?
Les aides officielles ne fixent pas de quota. Deux ou trois posts tenables par semaine suffisent, à partir d'un samedi bien documenté. Un Reel de trente secondes d'un changement de jauge dit l'exploitation. Un discours, non.
La Page entreprise LinkedIn suffit-elle ?
La Page est la vitrine de l'organisation. Ce n'est pas un profil. LinkedIn réserve le profil aux personnes. Parler à la fonction qui signe se fait depuis un profil identifié, pas depuis une Page qui poste des photos de cocktail sans interlocuteur.
Un message privé Instagram a-t-il le même délai qu'une demande web ?
Oui. Sous une heure en heures ouvrées, vingt-quatre heures au plus. L'organisateur a déjà trois à cinq salles ouvertes. Instagram, LinkedIn et le formulaire du site doivent tomber au même endroit. Un post n'a pas le droit d'inventer une jauge, une date libre ou un prix.

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